Historique du projet R&D  

Le contexte scientifique et économique

 

Des grands comptes…maître d’ouvrage

Les grands comptes émettent quelques réserves lorsqu’ils doivent investir sur la création d’un contenu e-formation. En effet, le coût actuel de développement d’un cours paraît toujours élevé. Avec une demande de plus en plus importante, ces entreprises cherchent à réduire le coût unitaire d’un module de formation sans négliger sa qualité.

Lorsque le volume des contenus réalisés augmente, elles éprouvent des difficultés à capitaliser leurs ressources d’un projet à un autre. Par exemple, les médias réalisés d’un projet ne sont pas aisément adaptables/intégrables sur d’autres projets. Ce point se valide d’autant plus, lorsque l’entreprise fait appel à plusieurs prestataires.

Une des demandes les plus récurrentes est également la capacité de maintenir le contenu du produit de formation. La pérennité des prestataires devient alors un souci majeur. Comment maintenir facilement un support quand les méthodes utilisées de développement (et par conséquent les codes sources) sont trop propriétaires pour être reprises par une entreprise tierce ? Les opérations de maintenance deviennent délicates voire incertaines.

Enfin, les grands groupes internationaux exigent de plus en plus des contenus multilingues, afin de proposer à l’international un message de formation homogène. Notons que les opérations de localisation d’un cours dans une langue étrangère deviennent plus délicates si ce dernier n’a pas été conçu dans ce sens.

et des prestataires de services…

La situation semble paradoxale, en effet la demande des grands comptes est de plus en plus importante alors que l’offre de prestations de services est de plus en plus rare. Une des explications réside dans le fait que la rentabilité d’un projet de création de contenus est souvent inférieure à 10%.

Dans ce contexte, les prestataires n’ont pas d’autre choix que de rationaliser le processus de production. Les sociétés de création de contenus de formation multimédia sont souvent comparées dans leurs méthodes aux entreprises artisanales dans le domaine de la haute couture. Ce positionnement ne répond plus aujourd’hui à la problématique de leurs clients. Certaines décident d’externaliser, voire de délocaliser à l’étranger, d’autres d’industrialiser…

Beaucoup de prestataires ne sont pas spécialisés dans la production de contenus de formation et à ce titre, ils n’ont pas l’expérience nécessaire pour produire des cours stables, robustes, parfaitement intégrables sur les plateformes LMS en respectant les normes en vigueur. Les entreprises grands comptes souffrent des délais de mise au point dont l’issue est incertaine.

Hétérogénéité technologique

Les technologies employées ne sont pas homogènes et parfois il est indispensable de distribuer un « plug-in » sur les postes apprenants pour être en mesure de suivre le cours. Dans le même esprit, beaucoup de contenus ne semblent pas être optimisés pour être distribués sur des réseaux distants et la lenteur de chargement rend leur utilisation très inconfortable.

Bien que les contenus utilisent de plus en plus les normes AICC et/ou SCORM pour être intégrés avec les plateformes LMS du marché, les informations de suivi remontées ne sont pas identiques.

Constat 1 : diversité méthodologique

Un ensemble d’acteurs conçoit et réalise collectivement un module de formation. La dimension de ce développement est fondamentalement coopérative et intervient dans un contexte de gestion de projet dédié au projet e-formation.

Les notions de maître d’ouvrage (client qui exprime des besoins) et de maître d’œuvre (ceux qui conçoivent et réalisent pour satisfaire ces besoins) y sont essentielles. On retrouve dans cette situation de développement tous les ingrédients d’un travail collaboratif : travail de groupe au bénéfice d’un objectif commun, distribution des rôles à chaque acteur du projet, problèmes de synchronisation et de coordination,…

Le processus classique de production d’un contenu multimédia passe par des phases bien distinctes qui imposent pour chacune d’elles des étapes de validation. Le client voit évoluer son projet par étapes successives et ne peut découvrir le résultat qu’à l’issue d’une phase. Ces phases sont souvent perçues comme des tunnels sans possibilité de réagir rapidement. La collaboration est le plus souvent limitée à quelques réunions. Ce processus n’est plus viable lorsqu’il faut produire des contenus en grande quantité. Tôt ou tard, il faut gagner en productivité et optimiser chaque étape du cycle de développement.

Constat 2 : difficulté des collaborations

La production de prestations de e-formation n'est que rarement le fait d'une seule personne, voire d'une seule organisation. Elle est la conjonction de multiples disciplines oeuvrant en synergie pour la réalisation d'une prestation adaptée.

Plusieurs membres du projet travaillent ensemble, de manière synchrone ou asynchrone, à une même tâche ou sur des tâches différentes, dans un environnement partagé. Dans ce contexte de responsabilité diluée, comment garantir la qualité finale du développement ? Comment rendre compte des interpénétrations et mesurer leurs interférences ? Quel niveau de guidage et de responsabilité faut-il donner aux différents acteurs du projet pour ne pas rompre et affaiblir la chaîne qualité de la production ?

Le développement de modules de formation associe des acteurs de compétences et d’origines différentes non disponibles au même moment et sur le même site.

Illustrons le propos par un exemple montrant la diversité des acteurs intervenants sur un projet.

  • Les experts métiers (expert du domaine de connaissances) sont dispersés sur les différents sites du maître d’ouvrage, à l’étranger pour certains d’entre eux.
  • Les formateurs exercent leurs professions sur les sites de formation du maître d’ouvrage
  • Le responsable projet client est situé au siège de la société du maître d’ouvrage
  • Le comité de pilotage regroupe des personnes réparties au niveau national, voire international.
  • Le chef de projet, le directeur artistique, et les concepteurs pédagogiques font partie d’une société de service : c’est le maître d’œuvre.
  • Les informaticiens d’une SSII
  • Les graphistes et les intégrateurs multimédias sont des libéraux.